
Revenons-en aux vies antérieures. Le début de cette enquête commença vraiment ainsi: chez S., dans le noir et le silence, je le laissais se concentrer sur mes noms et prénoms. Des images lui venaient. Outre l'Egypte, qui fut la première vie qui lui apparut, en vinrent plusieurs autres. Il me voyait en homme, très grand, très sportif, roux, avec des rouflaquettes, vêtu d'un pantalon moulant et de ce qu'il appelait lui-même un genre de t-shirt très décolleté. S. n'a pas de grandes connaissances dans le domaine historique et c'est mieux ainsi: toute tentative de supercherie est mise de côté. Cette description m'incitait à penser que la scène se passait au tout début du XIXe siècle. S. me voyait marcher, un fusil ou une baïonnette à la main, encadré de deux amis. Le plus incroyable c'est que derrière moi, une foule incroyable se constituait. Nous passions de village en village et les habitants se regroupaient. Nous marchions dans un paysage plat, en France, et sur le bord du chemin, des gens étaient pendus. Nous nous battions contre le prix trop élevé du pain. S. me voyait haranguer les foules mais il vit aussi ma mort, poignardé dans le dos par quelqu'un que je considérais comme mon ami. Il fut payé par mes ennemis pour m'éliminer.
La trahison est quelque chose de très important dans mon karma. Dans plusieurs vies antérieures comme celle que je viens de décrire, je m'étais entourée de gens de confiance qui me trahirent et qui provoquèrent ma mort. Encore aujourd'hui, j'ai toujours tendance à être victime de véritables coups de foudre amicaux qui m'ont coûté cher par le passé. Je sais qu'il faut que je sois vigilante de ce côté là. Par ailleurs, je comprends mieux également, en analysant cette vie au début du XIXe siècle, pourquoi je déteste autant cette période mais aussi pourquoi je me sens en révolte permanante contre toute forme d'autorité ou d'ordre établi. Mon esprit révolutionnaire couve toujours sous une apparente docilité!